Partager l'article ! Premier Ramadan à la Mosquée (Le Parisien): Les lieux sentent encore le plâtre et l’enduit, mais qu’importe : à l’heure de l ...
Les lieux sentent encore le plâtre et l’enduit, mais qu’importe : à l’heure de la rupture du jeûne, les perceuses disparaissent pour laisser la place aux verres de lait, aux dattes et au pain,
sur un long tapis disposé à la manière d’un chemin de table dans le hall de la grande mosquée de Tremblay-en-France.
« C’est un rêve qui se réalise », souffle Moussi. Installé dans la commune depuis 1973, ce
retraité de l’usine Citroën se sent « valorisé » d’avoir enfin un « endroit propre et décent pour la prière », grâce à ce lieu de culte dont le chantier, démarré en 2005, n’est pas encore
terminé. « Avant, c’était des caves ou des préfabriqués exigus », rappelle un fidèle. « Après toute une carrière d’ouvrier, c’est un peu comme une récompense », ajoutent les anciens.
« Avant il fallait mettre des tapis dehors »
Viriek, retraité d’origine
cambodgienne, a « vendu sa maison à Dammartin-en-Goële pour emménager plus près de la mosquée, à Tremblay ». « J’ai attendu si longtemps, on arrive au but », se réjouit-il.
Si les adultes la trouvent « magnifique » et sont parfois « surpris par la présence d’un ascenseur », les plus jeunes sont surtout convaincus par ses dimensions. « Elle est beaucoup plus grande
et mieux », répondent timidement Abdullah, Abdurrhmane et Amine, 7 ans, 9 ans et 11 ans. L’aîné se souvient « qu’avant il fallait mettre des tapis dehors car il n’y avait pas assez de place pour
tout le monde ».
La nouvelle mosquée peut en effet accueillir jusqu’à 1 200 personnes contre 250 pour l’ancienne salle de prière. L’architecte parisien Eric Antoine a prévu une salle pour les hommes au
rez-de-chaussée, une autre pour les femmes à l’étage, ouverte comme une mezzanine sur le niveau inférieur, et la chaire de l’imam. Surtout, la lumière naturelle inonde les lieux pour « réduire la
consommation électrique financée par les fidèles ». « Les nombreuses fenêtres permettent aussi d’ouvrir le bâtiment sur l’extérieur et d’en faire un lieu accessible », se réjouit Abdelghani
Bentrari, le président de l’UMTF.
Pour l’heure, l’Union des musulmans de Tremblay-en-France doit collecter suffisamment de dons afin de
terminer les travaux et de se conformer au permis de construire. Une étape indispensable pour pérenniser l’autorisation d’ouverture provisoire accordée pour le ramadan. Dans le but de « rester
totalement ouverte à tous et indépendante de tout courant », l’association ne compte que sur les dons des fidèles pour financer les 2,5 millions d’euros hors taxes du projet. Le plus gros est
payé, mais il manque encore de l’argent pour les finitions intérieures, l’aménagement des abords extérieurs et l’installation d’une pompe à chaleur. « Nous avons voulu quelque chose de beau et de
durable, quitte à souffrir un peu », sourit Abdelghani Bentrari.
Aurélie Foulon | 07.09.2009 Le
Parisien